Congrès de Reims : pourquoi je choisis la motion A : clarté, courage, créativité

  

Socialiste depuis 26 ans, j’aborde le congrès de Reims plein d’espoir et de volonté.

 

Plein d’espoir, car je milite pour ce courant de pensée qui s’inscrit dans l’histoire d’un parti qui a porté les espérances, les luttes, les défaites et les victoires du peuple de gauche.

Etre socialiste, c’est d’abord être fidèle. Fidèles héritiers d’une gauche au pouvoir, d’une gauche qui a su faire entrer notre pays dans la modernité par des réformes aussi fondamentales que l’abolition de la peine de mort, la décentralisation, le RMI, la CSG, la CMU, la loi SRU, l’aménagement du temps de travail, la parité.

Etre socialiste, c’est aussi être progressiste, résolument écologiste, et profondément européen.

 

Plein d’espoir, car le congrès de Reims doit affirmer une ligne politique claire, renouvelée, stimulante et applicable. Il doit d’ici 2012, élaborer un projet de société qui donne des réponses, des propositions à la France, à sa société, à sa jeunesse, à ses familles, à ses salariés, à ses chômeurs, à ses entrepreneurs, dans un monde qui, faute de sens, devient tout simplement amoral.

 

Avec la motion A défendue par Bertrand Delanoë et Pierre Moscovici trois mots seront, non seulement, des valeurs fédératrices, mais des axes de travail :

justice, liberté, progrès.

La justice, pour rompre avec une politique qui donne tout à ceux qui ont tout et qui condamne les plus pauvres à s’accommoder de leur pauvreté.

La liberté, pour quitter l’ère des tests ADN et du fichier Edvige, de la laïcité blessée, et du bonapartisme cathodique qui fragilise le droit et le pluralisme.

 

 Le progrès. Pour assurer l’avenir, notre parti devra construire une pensée cohérente et lisible sur la connaissance et sur l’innovation, ces nouvelles frontières de l’économie. Et le faire dans le respect des exigences du développement durable.
 

Ma crainte, c’est que le PS cède à ses démons que sont les querelles intestines stériles, les luttes de clans et de personnes. Il faut le sortir de sa réputation d’être inaudible. Il est temps que le PS donne de la voix.
 
Le Parti socialiste a besoin d’être rassemblé et respecté. Et cela passe d’abord par le respect des militants. Un parti qui ne respecte pas le vote de ses militants ne peut inspirer le respect.

 

Seule la clarté permet les rassemblements authentiques : l’unité ne se fait pas sur des compromissions, mais sur une ambition commune.

  

La présentation résumée de notre motion

Vous trouverez en quelques lignes ce qui caractérise la démarche engagée autour de la motion "clarté courage créativité : une gauche conquérante pour redonner un espoir à la France"

  Courage

 "Comme le disait Jaurès, le courage c’est d’abord de dire la vérité.
Les contraintes économiques et budgétaires propres à la France ainsi que la crise financière mondiale sont malheureusement une réalité qu’une victoire de la gauche n’effacera pas d’un trait de plume.
Identifier les contraintes ne signifie pas qu’on veuille s’y soumettre ; bien au contraire, c’est une condition pour réussir à s’en affranchir. Plus que jamais la crise financière appelle une régulation forte des Etats ; mais ne laissons pas croire que tout sera simple et facile. De toute façon, les Français ne nous croiraient pas !

Le courage c’est de trancher les divergences.
Par souci d’unité, depuis trop longtemps, on ne tranche plus rien et on se recroqueville dans des synthèses molles.
Résultat : le parti est inaudible sur des sujets aussi importants que le nucléaire, l’immigration, la sécurité, les retraites ou l’Europe. Cela explique en partie que notre candidate à la dernière présidentielle ait dû naviguer à vue sur trop de sujets qui n’avaient pas été préalablement tranchés par le PS.
François HOLLANDE a eu le mérite de maintenir l’unité du parti mais l’heure est venue de faire des choix.
Mieux vaut une majorité claire et une minorité qu’une unanimité de façade. Les Français ont le droit de savoir ce que nous ferons réellement.
Faut-il rappeler que François MITTERRAND a toujours eu une ou plusieurs minorités dans le Parti et qu’elles ne furent pas un handicap pour gagner en 1981 ?

Le courage c’est de faire respecter le vote des militants.
Après un long et sérieux débat sur les institutions européennes, les militants s’étaient prononcés à 65% pour le OUI au référendum. Ce vote largement majoritaire a été piétiné par de hauts responsables du Parti et il est regrettable qu’aucune sanction n’ait été prise. Le problème n’est pas que des militants se soient prononcés pour le NON en fonction de leur conviction intime ; par contre, on ne peut accepter que des responsables nationaux se soient affranchis des règles démocratiques pour faire cause commune avec des mouvements politiques toujours prompts à combattre le PS.
Pour le moins, ces responsables ne sont pas les mieux placés pour réclamer la confiance des militants et incarner le parti cohérent dont nous avons besoin.
Un parti qui ne respecte pas le vote de ses militants ne peut inspirer le respect.

CLARTE

Nos orientations sont claires et reposent sur trois piliers intangibles :
* une orientation réformiste assumée.
* une orientation européenne conséquente.
* une orientation écologiste fondée sur le développement durable.

Clarté sur notre identité réformiste.
Le réformisme est trop souvent une référence rituelle que l’on accepte du bout des lèvres de voir figurer dans la déclaration de principes. Mais dès que l’on prépare un congrès ou que l’on rédige un programme, le vieux discours radical du «  toujours plus à gauche » est tenté de reprendre le dessus. N’ayons pas peur d’être nous-mêmes et assumons notre réformisme de gauche face aux impasses révolutionnaristes et aux dangers du populisme.

Clarté sur l’Europe.
Il ne suffit pas de dire que nous sommes tous européens. Il faut assumer l’Europe concrète telle qu’elle est avec ses lenteurs regrettables et ses compromis nécessaires. Les socialistes français doivent admettre qu’ils ne peuvent avoir toujours raison seuls contre tous les autres partis socialistes européens.
Nous devons avoir conscience que la construction européenne, en dépit de ses insuffisances, demeure le levier principal pour agir sur la régulation de la mondialisation. Pour juguler la crise, nous avons besoin d’une d’Europe politiquement plus forte au moment où les USA sont en cours d’affaiblissement dans le jeu mondial.

Clarté du discours.
Nous avons trop souffert du double discours.
Un discours maximaliste pour les militants à la veille des congrès puis un discours minimaliste lorsque nous sommes au pouvoir pour justifier le fait que tout n’est pas possible tout de suite.
Le discours devant les militants doit être le même que le discours en direction des citoyens.
Il nous faut dire dans l’opposition ce que nous ferions au pouvoir et faire au pouvoir ce que nous préconisions dans l’opposition.

Clarté des alliances.
Nous ne sommes pas favorables à un renversement des alliances.
Nous ne recherchons pas de rapprochement avec des partis qui ne choisissent pas clairement la gauche. Notre famille doit puiser en elle-même les ressorts de la reconquête. Et cela vaut également à l’égard d’une extrême gauche dont l’audience confirme avant tout une désespérance sociale à laquelle nous devons répondre par une opposition juste et un projet pertinent. L’unité ne se fait pas sur des compromissions mais sur une ambition commune.

Par ailleurs, ne soyons pas naïfs : le seul objectif de Bayrou est de diviser le PS pour arriver en 2ème position aux prochaines présidentielles. Comment peut-on envisager de s’allier avec quelqu’un dont le seul but est de nous détruire ?
Nous devons ancrer nos alliances à gauche ; elles seront d’autant plus fortes que le PS sera fort. La victoire viendra de notre capacité d’entraînement.

LE PARTI ET LE LEADERSHIP

Notre parti est dans une situation difficile.
Il a besoin d’une autorité collective forte pour se redresser et se remettre au travail.
Mettre à sa tête une personnalité de second plan est une solution qui a l’apparence de la sagesse. En réalité, cette solution cumule tous les inconvénients :
* le futur premier secrétaire n’aurait pas l’autorité nécessaire pour relancer le parti.
* les présidentiables (ou qui s’estiment tels) continueraient à alimenter les médias.
Mieux vaut trancher en choisissant un leader de premier plan qui saura faire le poids face à Sarkozy.

Un choix clair d’orientation sur des options et des valeurs est un préalable à la remise en état de marche du parti. Mais les meilleures propositions ne seront pas entendues si nous n’avons pas un leader crédible capable de porter ce qui a été décidé collectivement. C’est pourquoi la clarification de notre orientation et le choix d’un leader sont liés.

Il faut mettre un coup d’arrêt à ceux qui veulent faire table rase du parti, de son histoire, de ses dirigeants, de ses militants, pour le remplacer par un parti de supporters à l’américaine où le show l’emporte sur la réflexion collective. Les militants savent que nous devons changer car le monde change ; mais engagés depuis tant d’années dans le combat pour un monde plus juste, ils ne veulent pas que les valeurs auxquelles ils sont attachés soient sacrifiées sur l’autel d’une pseudo modernité fondée sur les apparences, les sondages et les effets de mode.

Pour prétendre diriger le parti, il faut le connaître, respecter son histoire et ceux qui l’ont faite.
Bertrand DELANOE connaît bien le parti dont il est membre depuis 36 ans ; il a été secrétaire national au côté de Lionel JOSPIN et s’est impliqué dans tous nos débats.
Sa large audience internationale et les idées nouvelles qu’il propose, illustrées par sa gestion dynamique de Paris, expliquent sa popularité et lui permettent d’incarner le renouveau.
Fidélité à notre histoire commune mais aussi renouvellement de notre doctrine et réorganisation de notre fonctionnement sont les conditions pour relancer un parti de militants.

FAIRE UN CHOIX NET

Notre candidat à la présidentielle ne sera désigné qu’en 2011. Pour l’instant, la désignation du présidentiable n’est pas à l’ordre du jour. Le premier signataire d’une motion est appelé à devenir premier secrétaire si cette motion rassemble une majorité, et seule la question du premier secrétaire sera posée à l’issue du congrès.

Il va de soi qu’avec 6 motions le risque d’éparpillement des voix n’est pas négligeable. Si aucune motion ne se détache nettement, la porte sera ouverte aux tractations à la commission des résolutions du congrès. C’est pourquoi nous lançons un appel pour que les militants assument pleinement leur souveraineté en s’engageant massivement derrière notre motion qui est la mieux à même de dégager une orientation claire, et de mobiliser les militants autour du leader le mieux placé pour rassembler les socialistes, organiser l’opposition face à la droite et  préparer une alternative."

 

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